Le Maculelê

Le Maculelê est une manifestation culturelle originaire de la région du Recôncavo Baiano et plus particulèrement de la ville de Santo Amaro da Purificação, à Bahia (berceau de la capoeira également). C'est une expression théatrale que raconte à travers la danse et les chants, la légende d'un jeune guerrier qui, seul, a réussi é défendre sa tribu d'une autre tribu rivale en utilisant deux bouts de bois (pau). Il est devenu ainsi le héros de sa tribu.

Son orgine n'est pas connue. Il y en a qui disent qu'elle est africaine, d'autres affirment qu'elle est venue des indiens brésiliens et d'autres encore disent qu'elle est un mélange des deux. Maître Popó do Maculelê, considéré comme le père du Maculelê, affirme clairement qu'il s'agit d'une invention des esclaves au Brésil, tout comme la Capoeira. Tout porte à croire qu'ils 'agit d'un acte populaire d'origine africaine, né au milieu des champs de canne à sucre de Santo Amaro et comptant plus de 200 ans d'existance.

 

La légende qui raconte comment est surgi le Maculelê possède également plusieurs versions.

Une d'elles raconte que Maculelê était un escalve noir qui avait réussi à s'échapper et qui avait une maladie de la peau. Il a été recueilli par une tribu d'indigènes et soigné par ces derniers. Etant donné qu'il n'était pas indien il ne pouvait pas réaliser toutes les activités avec le groupe. Un jour Maculelê est resté seul au camp, alors que le reste de la tribu était partie chasser. C'est à ce moment là qu'est apparue une tribu rivale voulant s'approprier le terrain. Maculelê, à l'aide de deux bâtons, lutta seul contre le groupe rival et tel un héros il gagna la bataille. Depuis ce jour, il fût considéré comme un héros au sein de la tribu.

 

Une autre légende raconte que la mise en scène du Maculelê se base sur un épisode épique arrivé dans région primitive du règne Ioruba. Un jour, les guerriers d'une tribu sont sortis pour aller chasser. Il ne restait donc dans le camp uniquement 22 hommes, dans la majorité âgés, ainsi que les femmes et les enfants. C'est alors qu'une tribu énemie, profitant de l'absence des guerriers, attaqua la tribu. les 22 hommes se seraient alors armés de bâtons en bois et auraient affronté les invaseurs avec tant de courage qu'ils auraient réussi à les faire fuir. Quand les guerriers de la tribu revinrent de la chasse et prirent connaissance des évènements, ils décidèrent de faire un grande fête dans laquelle les 22 hommes auraient montré comment ils avaient réussi à faire fuir l'ennemi. Cette épisode devint alors une commémoration fréquente de la tribu. La danse serait alors un hommage rendu aux 22 hommes courageux.

 

Une autre légende raconte que le guerrier indigène Maculelê était un indien paresseux et qu'il ne faisait rien de la bonne manière.C'est pour cette raison que les autres hommes de la tribu, lorsqu'ils sortaient chasser, le laissaient au camp avec les femmes, les âgés et les enfants. Profitant de l'absence des chasseurs, une tribue rival attaqua le camp. Pour défendre sa tribu, Maculelê, armé d'à peine deux bâtons (car les chasseurs avaient pris toutes les armes pour aller chasser) réussit à affronter et tuer les invaseurs de la tribu ennemie. Maculelê devint ainsi le héros de sa tribu et sa technique de combat honnorée.

Il a encore de nombreuses versions quant à la légende du Maculelê, mais toutes parlent d'un guerrier qui a vaincu l'onvasion de l'ennemi, seul et avec pour arme, deux bâtons.

 

Pendant très longtemps le Maculelê a été représenté dans les rues et sur les places des villes, durant les jours de fête de la "patronne" comme nous l'explique ci-dessous Mestre Popó dans une entrevue de 1968:

 

"Selon les dires de Mestre Popó, Maculelê est une lutte et une danse , si un (feitor) apparaissait dans la senzala durant la nuit, il pensait que c'était une cérémonie d'adoration aux dieux de leur terre (des esclaves noirs), les chants ne pouvaient pas être compris par le feitor. La fête était réalisée lors des fêtes religieuses commençant le 8 décembre et terminant le 2 février (le jour de Yemanjá) à Santo Amaro da Purificação. Cela se passait dans les rues et sur les places de la ville et c'était concidéré comme une fête profane réalisée par les esclaves noirs... dans le défilé on pouvait y voir aussi la "Marcha de Angola", qui ressemble à la Capoeira et la Samba, tout ça en mouvement et dans le rythme des bâtons utilisé pour le Maculelê".

Mestre Popó do Maculelê

 

Au début du XXème siècle, avec la mort des Maîtres du Maculelê, la manifesatiton culturelle du Maculelê a presque disparu. C'est en 1943 que Paulino Aluisio de Andrade, Mestre Popó do Maculelê, réunit des amis et de la famille pour leur enseigner la chorégraphie qu'il garde dans ses souvenirs d'enfant. Il réussit à sortir le Maculelê de l'oubli et forme le "Conjunto de Maculelê de Santo Amaro" qui gagna une très grande renommée. Mestre Popó a commencé à apprendre le Maculelê avec un groupe de pretos velhos ("vieux noirs"), ex esclaves Malês libres.Selon lui, l'esclavage à cette époque n'existait plus et c'est pour cela qu'ils se réunissaient tous les soirs.

Selon les dires de Plínio de Almeida (qui a écrit "Pequena História do Maculelê), le Maculelê existe depuis 1757 à Santo Amaro da Purificação et les couleurs blanches et rouges sur le visage, qui faisaient peur aux gens, pourraient être le symboles de quelques tribus africaines, comme par exemple les Iorubas. Mais en réalité il est difficile de dire à quel groupe éthnique est associé le Maculelê.

 

Instruments

 

L'instrument fondamental du Maculelê est l'atabaque. A l'époque de Mestre Popó, on utilisait 3 atabaques, suivant la même formation que dans le Candomblé. D'autres instruments comme l'agogô et le ganzá étaient joués pendant les représentations. De nos jours, les représentations de Maculelê se font essentiellement avec l'atabaque.

 

Costumes et peintures

 

A l'époque de Mestre Popó, le costume était simple, en accord avec les conditions quotidiennes des danseurs. Généralement ils utilisaient une chemise et un pantalon en coton couleur crème comme les africains avaient l'habitude de porter et ils étaient pieds nus.

Les visages et les parties du corps dénudées étaient peintes avec des restes de charbons pour le noir et des graines d'Urucum pour le rouge. Certains personnes mettaient de la farine de blé dans les cheveux, ils mettaient sur la tête un espèce de chapeau ou une foulard autour du cou.

De nos jours, lors des présentations de Maculelê, les danseurs ont des jupes de pailles, un haut pour les femmes et torse nu pour les hommes. Comme à l'époque, les visages et les parties dénudées du corps sont peintes en rouge, noir et blanc. On utilise également divers ornements, bijoux pour embellir l'habillement.

 

Chants

 

Beaucoup de chants du Maculelê viennent du Candomblé, d'autres viennent des chants d'esclaves et il y en même qui metionnent la culture indigène. Les chants accompagne le déroulement chronologique de la présentation du Maculelê. Chaque scène a sa propre chanson pour l'accompagner. Il y a énormément de chants dans le Maculelê et chaque groupe à son répertoire préféré. 

Lien vers le parolier

Maculelê et Capoeira

 

Cette danse contagieuse sera beaucoup défendue par les capoeiristes, car Mestre Zezinho, le fils de Mestre Popó, a vécu à Salvador et y a connu Mestre Bimba, le créateur de la Capoeira Régionale, qui a son tour a adopté cette danse pour présenter lors des démonstrations, mais aussi pour améliorer les capacités physiques de ses élèves.

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